Module 6, en route pour Studieprøven!

C’est la rentrée des classes! Enfin, c’était la semaine dernière. J’ai repris les cours à Københavns Sprogcenter lundi dernier pour venir à bout de ce modul6 facultatif, qui se termine par un test (Studieprøven), qui me donnera enfin accès aux universités et autres écoles d’études supérieures.

Pourquoi que je fais ça? Parce que j’ai pas le choix… Pour résumer, j’ai un BTS un peu bizarre que personne ne connait, qui est un peu à cheval entre le médical et l’industrie. Déjà en France, j’ai eu des petits soucis pour pouvoir travailler dans les hôpitaux. Et ici, bah, c’est tout simplement pas possible. Enfin, si, mais sous conditions. Le titre de technicien de laboratoire d’analyses médicales (bioanalytiker) est un titre protégé au Danemark. On l’a ou on ne l’a pas, il n’y a qu’un seul diplôme. La deuxième possibilité pour faire du labo étant laborant, qui est un titre industriel (et non protégé). Quand j’ai lancé les démarches de reconnaissances de diplômes, bien entendu, mon BTS n’était pas sur la liste et je n’ai pas pu obtenir le droit de m’appeler bioanalytiker. En soit, ça ne pose pas énormément de problèmes. Je travaille quand même dans un hôpital mais mes attributions sont très limitées, et mon salaire pas aussi élevé. Ça pose plus de soucis à l’administration, vu que je n’ai pas le droit de faire tout un tas de choses (que je sais pourtant faire, c’est très frustrant). Ma chef me pousse donc pour trouver une solution et obtenir le titre de bioanalytiker. Une légende lointaine disait qu’on pouvait l’obtenir après 3 ans de boulot dans un hôpital. J’ai donc contacté le ministère de la santé pour en savoir plus. Mais la gentille petite madame m’a répondu que ça ne concernait que les gens qui avaient un diplôme laborant danois. Ce qui, bien évidemment, n’est pas mon cas. Ma seule solution est donc de retourner sur les bancs de l’école supérieure et passer cette licence. Normalement, elle se fait en 3 ans et demi, mais avec un peu de chance (et vu mon parcours) je devrais pouvoir la faire en 2. Mais c’est là que tout se complique. Les conditions d’entrée dans cette licence (et dans beaucoup d’autres programmes), pour les étrangers, est de réussir ce fameux Studieprøven! Voila pourquoi…

En quoi ça consiste? Si je vous dis que ça consiste à améliorer son danois jusqu’à un niveau académique, ça vous parle? Par niveau académique, on entend le genre de phrases et de mots qu’on utilise pour écrire une thèse. Oui… Ça fait peur… Autant le Prøve i Dansk 3 était plus à un niveau que je dirais casual, là on passe dans la catégorie, non pas au dessus, mais sur le dessus du top de la tour Eiffel montée sur le Mont Blanc. Je pourrais vous faire la comparaison avec un examen de japonais, mais ça ne servirait à rien. Lundi, le premier cours, notre prof a passé 2 heures à nous expliquer ce qu’on attendait de nous pour l’examen, en appuyant sur le fait que si on a eu 12 (le top du top) au PD3, ça voulait dire qu’au même moment on était même pas sûrs de réussir le Studieprøven. En gros, on a eu la meilleure note, mais c’est de la merde. Et on a 3 mois pour changer notre note pourrie en note passable. Faut cravacher sec!

Comment je me sens à la fin de chaque cours? Comme une débile profonde qui se demande bien ce qu’elle fait là. Les autres étudiants, aussi adorables qu’ils puissent être, sont tous des monstres. Trois sont allemandes et parlent danois magnifiquement. Une vient de Lituanie mais a fait danois au lycée, elle envoie des étincelles elle aussi. Les autres sont tous de part et d’autre de la planète mais vivent au Danemark depuis, en moyenne, 5 ans. Moi, ça fait 2 ans et des bananes, et on voit la différence. Ils ont tous un vocabulaire tellement plus avancé que le mien.

Mais voilà! Y’a pas le choix, faut le faire. J’ai bien entendu revu mes ambitions à la baisse. Après m’être dit « tiens, je vais viser le 7, peut être même 10, de moyenne! », maintenant je veux juste 2 partout, ça me fera du plaisir.

S’il y en a parmi vous qui ont passé cet examen du diable, viendez partager cette expérience de folie!